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Face à face avec un jeune réalisateur : premiers pas au cinéma

Par Maxime
5 minutes

Rencontre avec un cinéaste émergent : plongée dans l’univers des premiers films


Le cinéma fait rêver, intrigue, inspire la curiosité. Mais comment naît réellement la vocation ? Que signifie aujourd’hui se lancer comme réalisateur ou réalisatrice en France alors que le septième art est en perpétuelle mutation ? Sur amourauquotidien.fr, nous sommes partis à la rencontre de Thomas Lemoine, jeune réalisateur de 27 ans, tout juste auteur de son premier long-métrage, pour comprendre les étapes, les doutes et les joies d’un premier film, de l’écriture à la première projection publique. Un témoignage sans filtre qui met l’utile et l’authentique au cœur du récit.

Tracer sa voie : le long apprentissage avant le premier plateau


Loin des clichés du cinéaste autodidacte propulsé sur les marches de Cannes en quelques rushs, Thomas évoque un parcours fait de patience, d’essais et d’erreurs. Après une école de cinéma parisienne spécialisée dans la réalisation, il réalise plusieurs courts-métrages autofinancés pendant ses études. « Je voulais tout apprendre, de la gestion d’équipe au son en passant par le montage, » explique-t-il. Il faut convaincre, fédérer, accepter de ne pas (encore) tout maîtriser : « Les premiers courts sont souvent des terrains d’expérimentation où l’on se trompe plus qu’on ne réussit. Mais on se découvre surtout une énergie : l’envie de raconter. »

Ce qu’il retient de ses premières années : l’importance des rencontres et de la débrouillardise. « Un projet n’avance jamais sans soutien. » Camarades de promotion, techniciens bénévoles, comédiens passionnés rejoignent l’aventure, guidés par la curiosité du plateau et la force du récit même sans budget professionnel.

De l’idée au scénario : la construction d’un premier projet


Comment naît un premier film ? Pour Thomas, tout commence par un souvenir personnel, recroisé à une thématique universelle. Il note, isole des dialogues, dessine des décors. « Mais l’écriture seule ne suffit pas. Il faut tester la solidité du projet : est-ce que les émotions tiendront sur 90 minutes ? Est-ce que je pourrai défendre ce point de vue face à une équipe ? »

Il participe à des résidences d’écriture, récolte des conseils auprès de réalisateurs plus aguerris, consulte des lecteurs. « Le retour extérieur, c’est ce qui transforme le scénario d’une simple histoire personnelle à une proposition de cinéma ouverte au public. Il y a un gros travail pour clarifier les intentions, raccourcir, parfois tout réécrire. »

Le financement : un véritable parcours du combattant


Parler cinéma, c’est aussi parler chiffres. Obtenir les premiers financements est souvent le principal obstacle pour les jeunes réalisateurs. Thomas démarche des sociétés de production indépendantes, candidate à des aides du CNC (Centre national du cinéma), cherche des partenaires régionaux. « C’est une phase très administrative mais primordiale. Pour chaque euro récolté, il faut convaincre que le film peut exister, que sa singularité a une place. »

Pour son premier film, un budget resserré mais « réaliste », Thomas reçoit le soutien d’une association régionale et d’une petite maison de production sensible à son univers. « Il y a des refus, beaucoup. Mais, étonnamment, les plus belles rencontres se font souvent lors de ces rendez-vous inaboutis : on vous conseille, vous encourage à peaufiner, à présenter des extraits. »

Le casting et le tournage : de la théorie à la réalité du plateau


Lorsque le scénario trouve enfin son financement, tout s’accélère. « C’est la partie la plus physique et la plus exaltante : il faut choisir ses comédiens, préparer les décors, fédérer une équipe souvent très jeune et multi-tâches. » Thomas organise les castings à Paris et en province, privilégie l’alchimie et la sincérité. « On ne dirige pas des acteurs de la même façon selon leur expérience ; certains apportent beaucoup à l’écriture, d’autres font confiance et se laissent guider. Le grand défi, c’est de composer avec les imprévus sans perdre le fil du projet. »

Le tournage, étalé sur quatre semaines dans une petite ville du nord de la France, laisse peu de place à l’improvisation. Mais quelques nuits blanches et pannes techniques deviendront vite des anecdotes. « Dire ‘action’ pour la première fois : tout le stress retombe, il n’y a plus que l’intuition d’un instant, l’écoute de l’équipe et l’émotion brute. »

Monter et postproduire : accoucher du film désiré


Une fois le tournage terminé, commence le long travail du montage. Thomas revient sur des semaines de doutes : « C’est une nouvelle écriture, où l'on doit parfois faire le deuil de certaines scènes pour le bien du rythme ou du récit. On apprend à faire confiance au chef monteur, à écouter les retours. Les premières projections tests sont terribles – on voit tout ce qui ne marche pas, tout ce qui manque. »

Le film évolue, s’affine. Choix de la musique, mixage, étalonnage : chaque étape renvoie à l’exigence de professionnalisme, même avec des moyens réduits. « Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide, à déléguer, à sortir la tête de l’eau et retrouver son enthousiasme initial. »

La première projection publique : émotions et apprentissages


Le film est prêt. Il faut le montrer. Festivals de premiers films, projections en salles régionales ou soirées privées : chaque présentation est un examen. « Je n’avais jamais été aussi nerveux que lors de la première projection en public, devant une centaine de spectateurs. On se retranche dans la salle sombre, on guette les rires, les silences, l’attente à la sortie. »

Les échanges d’après séance sont à la fois exigeants et réconfortants. « Certains voient dans les personnages des choses que je n’avais pas prévues, d’autres posent des questions pointues sur la mise en scène. C’est ce dialogue qui sépare le film intime du film partagé. »

Conseils pratiques : les clés d’un premier film réussi


  • Tester ses idées sur de petits formats : courts-métrages, vidéos en ligne, teasers sont un passage utile pour affiner son style et découvrir ses points forts.
  • S’appuyer sur son réseau : écoles, forums, festivals jeunes créateurs et plateformes de crowdfunding peuvent accélérer la concrétisation d’un premier film.
  • Accepter l’inachèvement : il faut savoir se détacher d’un projet, le livrer imparfait, pour garder l’énergie et l’audace du suivant.
  • Toujours regarder des films : classiques comme nouveautés, pour nourrir sa vision et sortir de ses thèmes de prédilection.
  • Échanger avec d’autres jeunes réalisateurs, partager ses doutes et trouvailles, participer à des groupes ou clubs cinéma pour dédramatiser les écueils et fêter ensemble les succès.

Bilan : oser s’engager dans l’aventure cinématographique


Le témoignage de Thomas et le parcours de nombreux jeunes réalisateurs montrent qu’il n’existe pas de parcours type. Entre énergie brute, patience, échecs formateurs et joies collectives du plateau, la réalisation d’un premier film est souvent un acte d’émancipation et de dialogue avec le monde. Pour celles et ceux qui souhaitent se lancer, la priorité ne réside pas dans la technique pure mais dans l’affirmation d’un regard. 

Chez amourauquotidien.fr, nous restons convaincus que chaque spectateur peut devenir créateur, chaque passionné trouver sa voix. Plus que jamais, les outils et les supports numériques permettent de se lancer, de se former, d’expérimenter sans attendre des feux verts inaccessibles. Mais l’essentiel, c’est sans doute de cultiver la persévérance, l’écoute et la sincérité – des valeurs partagées par la communauté « premiers pas au cinéma ». 

Que vous soyez jeune cinéaste, spectateur ou passionné de coulisses, partagez vos expériences, questions et astuces sur amourauquotidien.fr. À vos caméras, à vos idées !

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